Aujourd’hui, on connaît la ville sous le nom de Cordes-sur-Ciel.

Mais avant que ses maisons de pierre ne s’élèvent sur la colline, avant ses remparts, ses portes et ses demeures gothiques, cette hauteur portait un autre nom : le Puech de Mordagne.

C’est ici que Raymond VII, comte de Toulouse, décide de fonder une ville nouvelle en 1222.

Le choix du lieu n’a rien d’anodin.

Le puech domine la vallée du Cérou et occupe une position stratégique entre l’Albigeois, le Quercy et le Rouergue, dans une région encore profondément marquée par la croisade des Albigeois.

Construire une ville sur cette hauteur signifie à la fois protéger, contrôler et repeupler le territoire.

La charte de fondation est accordée en 1222. En quelques années, une nouvelle cité fortifiée prend forme.

Sur le Puech de Mordagne naît Cordes.

Et la colline va conserver, pendant des siècles, les traces de cette naissance.


Cordes apparaît dans un contexte particulièrement violent de l’histoire du Midi.

En 1209, la croisade contre les Albigeois a profondément bouleversé le Languedoc. Pendant près de 20 ans, conflits, sièges et luttes de pouvoir opposent notamment les seigneurs de Midi aux forces engagées dans la croisade.

C’est dans ce contexte que Raymond VII, comte de Toulouse, fonde Cordes en 1222 sur le Puech de Mordagne.

La nouvelle cité se fortifie rapidement. Des remparts et des portes protègent les habitants venus s’établir sur cette hauteur stratégique.

Quelques années seulement après sa fondation, Cordes occupe déjà une place importante dans l’Albigeois : en 1229, le traité de Paris la mentionne parmi les forteresses majeures de la région.

La guerre a participé à sa naissance.

Le commerce va faire sa richesse.


Au fil des XIIIe et XIVe siècles, Cordes se développe bien au-delà de son premier noyau fortifié.

La population augmente, de nouveaux quartiers apparaissent et plusieurs enceintes successives viennent accompagner l’expansion de la cité. Portes, remparts et ruelles épousent le relief du Puech de Mordagne.

La ville s’étend sur ses pentes, mais elle s’élève aussi.

Derrière ses murailles, les riches marchands font construire de grandes demeures gothiques dont les façades témoignent encore aujourd’hui de la prospérité de Cordes au Moyen Âge.

Peu à peu, la cité prend la forme que nous lui connaissons : un vaisseau de pierre accroché au ciel.

Selon les estimations reprises par les sources locales, Cordes aurait compté plus de 5 500 habitants à la fin du XIIIe siècle.


À partir de la fin du XIIIe siècle, Cordes connaît une période de grande prospérité.

Commerce et artisanat participent au développement de la cité. Le travail du textile, du cuir et les activités marchandes contribuent à sa richesse.

Les marchands et les familles aisées font construire de grandes demeures en pierre.

Certaines des maisons qui donnent aujourd’hui à Cordes son caractère exceptionnel datent principalement de cette période, entre la fin du XIIIe et le XIVe siècle.

Les façades témoignent de cette richesse : arcs, sculptures, fenêtres, portes monumentales et décors de pierre racontent une ville qui n’est plus seulement une place militaire.

Cordes est devenue une cité prospère.

Mais derrière ces façades, il reste aussi les traces d’une époque beaucoup plus rude.

Une époque où l’eau, la défense, les maladies, les famines et les conflits déterminaient la survie d’une ville.

Et c’est précisément là que le Puits de la Halle prend toute son importance.


Au sommet de la cité, l’église Saint-Michel domine les toits de Cordes-sur-Ciel.

Mentionnée dans les textes dès 1269, elle appartient aux premières grandes constructions de la ville médiévale. Transformée au fil des siècles, elle reste aujourd’hui l’un des repères majeurs de la cité.

À quelques pas de l’église se trouve la Halle de Cordes-sur-Ciel.

Construite au XIVe siècle, au temps de la prospérité commerciale de la ville, elle accueillait notamment la vente des cuirs et des étoffes.

Ses vingt-quatre piliers de pierre soutiennent encore aujourd’hui l’imposante charpente qui couvre la place.

Et sous cette Halle, se trouve un autre ouvrage.

Un puits.

Creusé profondément dans la roche du Puech de Mordagne, le Puits de la Halle descend à plus de cent dix mètres sous la cité.

Profondeur mesurée : 113,47 m

Pendant des siècles, le puits a alimenté récits, interrogations et légendes.

Sa profondeur étrangement proche de la longueur de la cathédrale d’Albi, son creusement et ce que l’on racontait de son histoire ont contribué à en faire l’un des lieux les plus énigmatiques de Cordes-sur-Ciel.

Dans La Fille du Puits, c’est ici que le réel commence à basculer.


C’est ici que commence la frontière entre histoire et fiction.

Cordes-sur-Ciel existe.

Le Puech de Mordagne existe.

La charte de 1222 existe.

Les remparts existent.

Les maisons médiévales existent.

Le puits existe.

Mais ce que La Bête de Mordagne imagine sous ces pierres appartient à un autre territoire.

Celui du roman.

La saga part d’un lieu réel pour imaginer ce que l’Histoire n’a pas raconté.

Elle s’appuie sur les pierres, les rues, les légendes et les mystères de Cordes-sur-Ciel pour construire une histoire qui traverse les siècles.

Cordes-sur-Ciel n’est plus seulement un décor. Le village devient une partie du récit.

Tout ce qui précède appartient à l’Histoire. Ce qui vient maintenant appartient à Mordagne.


Lorsqu’on observe Cordes-sur-Ciel depuis la vallée, la silhouette du Puech de Mordagne peut évoquer une longue échine de pierre.

De cette forme est né un imaginaire qui accompagne aujourd’hui la cité.

Une légende locale raconte que Cordes aurait été bâtie sur le dos d’un dragon endormi : la Bête de Mordagne.

L’image est suffisamment présente dans l’imaginaire cordais pour avoir inspiré récits, ouvrages et même certaines visites nocturnes de la cité.

Mais rien ne permet d’affirmer que cette légende remonte au Moyen-Âge.

C’est précisément dans cet espace, entre les pierres que l’histoire documente et les récits qu’elles ont inspirés, que s’inscrit La Bête de Mordagne.

Dans le roman, la légende devient autre chose.


Huit siècles après sa fondation, Cordes-sur-Ciel conserve une grande partie de son identité médiévale.

Ses portes, ses remparts, ses rues étroites, ses maisons gothiques et ses monuments racontent encore la ville née en 1222.

Mais il suffit de quitter les rues principales pour retrouver un autre Cordes : celui des passages, des escaliers, des caves, des murs et des endroits que le visiteur traverse sans toujours savoir ce qu’ils cachent.

C’est dans ce Cordes-là que s’enracine La Bête de Mordagne.

Pas seulement la cité touristique.

Celle qui conserve encore des questions auxquelles personne n’a définitivement répondu.


  • Cordes est fondée en 1222 par Raymond VII, comte de Toulouse.
  • La ville est construite sur le Puech de Mordagne.
  • Les premières fortifications sont édifiées au XIIIe siècle.
  • Cordes connaît une importante période de prospérité à la fin du XIIIe et au XIVe siècle.
  • Ses maisons gothiques témoignent encore de cette richesse.
  • Sous la Halle se trouve un puits exceptionnel de plus de 113 mètres de profondeur.

Autour de ces lieux réels, d’autres récits se sont construits au fil des temps.

Le puits a nourri des histoires dont il est aujourd’hui difficile de démêler la réalité de la légende.

Et le relief même de Cordes-sur-Ciel a inspiré l’image d’un dragon endormi sous la cité : La Bête de Mordagne.

Rien ne permet pourtant d’affirmer que cette légende remonte au Moyen-Âge.

La Bête de Mordagne s’empare de ces lieux, de ces récits et de leurs zones d’ombre pour imaginer une autre histoire.

Une histoire de secrets.

De transmissions.

De personnages.

Et de quelque chose qui, sous Cordes, n’a peut-être jamais complètement disparu.

À vous de décider où s’arrête l’Histoire...

Et où commence Mordagne.


Cordes-sur-Ciel ne se découvre pas en une seule page.

Derrière son histoire, ses pierres et ses légendes se trouvent des lieux qui ont inspiré La Bête de Mordagne.

Descendre dans l’histoire de l’un des lieux les plus énigmatiques de Cordes-sur-Ciel au cœur de La Fille du Puits.

Du nom ancien du puech à la Bête qui hante l’imaginaire local, découvrir ce qui se cache derrière ce nom.

Découvrir comment ces lieux, cette histoire et ces légendes deviennent le point de départ du premier tome de La Bête de Mordagne.