Avant Cordes-sur-Ciel, il y avait Mordagne.

Aujourd’hui, le nom de Cordes-sur-Ciel est connu bien au-delà du Tarn.

Mais avant les remparts, les portes fortifiées et les maisons gothiques, il y avait une colline.

Le Puech de Mordagne.

Un promontoire rocheux dominant de plus de cent mètres les vallées du Cérou et de l’Aurosse, étiré d’est en ouest et bordé par endroits de falaises calcaires. C’est sur ce relief que va naître, au XIIIe siècle, la cité que nous connaissons aujourd’hui. 

Nous sommes au début du XIIIe siècle.

Le territoire est profondément marqué par la croisade contre les Albigeois. Des villages et des fortifications ont été détruits, les populations déplacées et les équilibres politiques bouleversés.

Dans ce contexte, le comte de Toulouse Raymond VII favorise l’installation d’une nouvelle communauté sur le Puech de Mordagne.

Le choix du lieu n’a rien d’anodin.

La hauteur offre une position naturellement défensive. Depuis le sommet, le regard porte loin sur les vallées environnantes. Les pentes escarpées renforcent encore la protection du site.

Mais il ne s’agit pas seulement de se défendre.

La charte de coutumes de 1222 accorde des privilèges aux nouveaux habitants : il faut attirer une population, reconstruire et permettre à une nouvelle cité de se développer. Les recherches historiques montrent qu’en 1224, un document évoque déjà une construction nouvelle sur le « puech de Mordagne ». 

La ville grandit rapidement.

Une première enceinte protège le sommet. Puis Cordes se développe au-delà de ses premiers remparts et de nouvelles fortifications apparaissent.

Les portes que l’on franchit encore aujourd’hui témoignent de cette histoire. La Porte des Ormeaux, notamment, appartient à la première enceinte et sa construction est rattachée aux premières années de la cité. En 1229, le traité de Paris mentionne déjà Cordes parmi les forteresses importantes de l’Albigeois. 

Au fil des décennies, la ville militaire devient aussi une ville marchande.

Mais sous ses rues, ses maisons et ses murailles, le relief n’a pas disparu.

Cordes s’est construite sur Mordagne.

C’est peut-être là que commence véritablement l’histoire de La Bête de Mordagne.

Car Mordagne n’est pas un nom inventé pour le livre.

Il appartient au lieu.

Des documents médiévaux mentionnent explicitement le « puech de Mordagne ». Plus de huit siècles plus tard, ce nom subsiste dans l’histoire de Cordes. 

Lorsque l’univers de La Bête de Mordagne a commencé à prendre forme, il n’était donc pas nécessaire d’inventer un territoire.

Il était déjà là.

Il suffisait d’imaginer ce qui pouvait se cacher dessous.

À partir de maintenant, les archives se taisent.

Les historiens aussi.

Ce qui suit appartient à l’univers de La Bête de Mordagne.

Et si les hommes n’avaient pas choisi Mordagne par hasard ?

Dans le roman, le Puech de Mordagne n’est pas seulement le socle sur lequel Cordes a été construite.

Il cache quelque chose.

Quelque chose de beaucoup plus ancien que la cité.

Avant les remparts.
Avant Raymond VII.
Avant même que les hommes donnent un nom à cette colline.

Sous leurs pieds se trouvait déjà Mordagne.

Les habitants ont construit des maisons.

Ils ont creusé des caves.

Des passages ont été ouverts, murés, oubliés.

Et au centre de la cité, les hommes ont creusé un puits jusqu’à atteindre une profondeur de plus de cent mètres.

Dans notre monde, son histoire s’arrête au fond du Puits de la Halle.

Dans celui de La Bête de Mordagne, ce n’est que le commencement.

Sous la cité s’étend un monde dont les habitants de Cordes ignorent l’existence.

Un monde qui a laissé des traces.

Des signes.

Des pierres.

Et parfois, des souvenirs.

Certains signes apparaissent avant même que l’on puisse les comprendre.

Théo les dessine.

Il ignore leur signification. Il ignore même pourquoi certaines formes semblent déjà exister quelque part dans sa mémoire.

Dans l’univers de Mordagne, ces signes conduisent peu à peu vers quelque chose de beaucoup plus ancien :

la Pierre-écriture.

Elle ne raconte pas simplement une histoire.

Elle conserve une mémoire.

Et certaines choses ont attendu très longtemps avant d’être lues.

Au début de La Fille du Puits, Léna et Théo ne connaissent pas encore toutes les réponses.

Le lecteur non plus.

C’est volontaire.

Car derrière le mot Bête se cache une histoire qui dépasse largement celle d’un seul roman.

Six tomes permettront d’en découvrir progressivement les traces, les origines et les conséquences.

Certaines réponses se trouvent dans les livres.

D’autres seront peut-être cachées ailleurs.

Ce qui est réel

Le Puech de Mordagne existe.
Cordes s’est développée sur ce promontoire au XIIIe siècle.
La création de la cité est liée à Raymond VII et au contexte de la croisade contre les Albigeois.
Ses remparts, ses portes et son puits appartiennent à son histoire.

Ce qui appartient à La Bête de Mordagne

Ce qui dort sous la cité.
La Langue de Mordagne.
Les signes de Théo.
Les secrets enfouis sous Mordagne.

Et la Bête.

Le reste est à découvrir.

La Fille du Puits — Tome I de La Bête de Mordagne